Alimenta-chions: nourriture non-couverte à foison dans la banlieue

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Des aliments non couverts vendus à Conakry

Dans la capitale Con-à-cris, des aliments se vendent sans être couverts, comme des vêtements ou des pièces de véhicules. Empaquetés, bouillis ou frits, les rares fois où ils sont protégés, ils le sont à moitié ; ce qui fait d’eux un nid privilégié des mouches qui y festoient comme jamais. Faut faire la fête quand on en a l’occasion.

Au marché d’Enta dans la commune de Mât-toto, plusieurs aliments sont exposés à l’air libre. Galettes et poissons frits, cacahuètes, manioc frits, pains, brochettes bœuf et maïs cuits…tout ça nous met l’eau à la bouche mais tenez-vous bien, ils sont exposés sur des plateaux ; certains à des places bien précises et d’autres sur les têtes de vendeurs ambulants. Les nounous et nénettes sont les plus nombreuses dans cette pratique. Assise non loin du rond-point d’Enta entrain de frire des galettes de maïs, une nounou interrogée prend aussitôt peur et préfère restée dans l’anonymat. Hors micro, elle nous explique que ce n’est pas dans son habitude de vendre cela et qu’elle revend plutôt de la glace. «Je sais que ce n’est pas bon ce que je fais, de vendre de la nourriture comme ça. Je vais arrêter dès la fin du mois d’ailleurs » poursuit-elle. Elle pose aussitôt la pâte qu’elle tenait dans la main pour prendre un mouchoir afin de chasser les non invités (les mouches)  et assure que cela ne se reproduira plus.

De l’autre côté de la voie, une autre nounou vend des brochettes de bœuf, du dindon et du foie. On aime la viande et les aliments gras ici. Pendant près de deux minutes d’observa-chions, on remarque qu’il n’y a rien pour protéger son produit. Approchée, elle déclare que ses brochettes sont toujours couvertes et pose directement des sachets plastiques de 500 francs gluants là-dessus.

Sur la transversale reliant Enta à Sonfonia gare, une nounou revendant des galettes explique pourquoi ses aliments à elles, sont à moitié couverts par un caoutchouc blanc. «J’ai couvert à moitié les galettes parce que quand on couvre totalement alors qu’on vient de les faire cuire, ça donne l’impression au client que le produit est avarié. On découvre aussi pour que les clients sachent ce qu’on vend», explique-t-elle.

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Saoudatou Barrit est une cliente rencontrée en train d’acheter ces galettes. «J’achète ça parce que au moins c’est à moitié couvert et protégé. Mais il serait mieux que les vendeurs cherchent des bols avec des couvertures pour les entreposer dedans, ça évitera beaucoup de maladies», explique-t-elle.

Des aliments non couverts vendus à Conakry

On voit ces aliments non couverts, plus en banlieue qu’au centre-ville. Vers la ville, les vendeuses ont trouvé solu-chions en entendant leurs produits dans des bocaux en verre. Peut-être que si les acheteurs boycottaient toutes les nourritures non couvertes, ça pousserait les vendeurs à les couvrir. Par ce que tant que la marchandise s’écoule, on se fout de l’hygiène.

Couine Elisa-bête

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