Ça chlingue le souvenir du viol jeudi et vendredi au CCFG

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Ça chlingue le souvenir du viol jeudi et vendredi au CCFG
Ce mercredi, les comédiens de la compagnie  La Muse font mumuse avec les derniers réglages de la pièce de théâtre Le parfum du souvenir de l’auteure Camerounaise Mesima, lauréate de Univers des mots 2016. Sur scène, cinq comédiens absorbés par les répliques du texte et le jeu dont seuls eux détiennent encore le secret. Nous avons assisté au filage ! Vous vous demandez certainement c’est quoi le filage, bande de profanes. Lisez ! Le filage : c’est mettre le spectacle dans les conditions réelles de représentations, mais sans le public. Il sert à calculer la durée du spectacle et régler les différents détails, comme la précision du jeu des comédiens. Un petit travail d’orfèvre, voilà quoi !
Le parfum du souvenir raconte l’histoire d’une jeune femme violée vingt ans plutôt. Elle avait dix ans à l’époque. Violée par son cousin chômeur. Devenue styliste, elle revient au lieu où s’est passé le crime. Et coup du hasard, son violeur y est aussi. Le jeune revenu est devenu célèbre. La victime décide alors de se venger en le tuant. Mais une voix en elle la dissuade. Cette voix n’est rien d’autre que sa conscience. Elle veut aller au bout de ses idées et organise une rencontre avec son violeur dans le but de le tuer avec du poison. Son bourreau vient au rendez-vous… Et qu’est ce qui passe après ? Mystère et boule de gomme.
Le filage terminé, place aux critiques du metteur en scène, Bilia Bah, et de la Dure-rectrice adjointe du Centre Culturel. Chacun des deux fait ses remarques aux comédiens qui en tiendront certainement compte. En tout cas, s’ils veulent cartonner parce-que les deux là ont roulé leur bosse dans le milieu.
Dans cette pièce de théâtre, le metteur en scène, Bilia Bah, dit qu’il entend ainsi dénoncer le système dont le peuple est victime « Ce texte parle d’un viol sur mineur, qui s’étend sur un viol par le système. Viol que nous subissons tous les jours. Le texte m’a intéressé parce que c’est ma vie. Je me sens violé tous les jours par ce même système »
Habibatou Bah, comédienne qui interprète le personnage de la conscience de la jeune femme violée, se dit super contente de jouer dans cette pièce. Elle espère qu’à travers le spectacle, les gens prendront conscience et que le viol cessera. Cette jeune comédienne joue avec son époux. Pas toujours facile, mais c’est le job. T’as pas le choix ! Elle nous confie : « ça me gêne énormément de jouer avec mon mari dans une scène comme celle là, où on mime le viol sur moi. D’ailleurs, je le disais hier au metteur en scène, ça fait que je ne peux pas inviter ma mère à venir voir le spectacle. En tant qu’artiste et même d’autres personnes comprendraient que je le fais pour qu’il y ait un changement. Le théâtre, c’est choquer. Comme le dirait Souleymane Thiâ’nguel, (elle n’oublie pour rien son grand comme elle l’appelle ; elle l’évoque à tout bout de champs). C’est choquer pour réveiller. Mais après, ma mère, elle ne comprendra pas que je joue ce genre de choses. Ça me gêne, mais c’est ça le boulot d’un artiste engagé ».
La pièce se jouera jeudi et vendredi au CCFG. Une tournée se fera peut-être après à l’intérieur et certainement hors de Kondébilidougou. Des discussions seraient en cours avec des partenaires.

Djamithianguel

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