TA GUEULE ! DÉGUEULASSE PAS MA GODASSE !

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TA GUEULE ! DÉGUEULASSE PAS MA GODASSE !

Hé, ho, tu veux bien te réveiller et agir ? Parce que les obstacles sont de plus en plus difficiles à franchir. Comment peux-tu ne pas entendre tout ce tintamarre à tout démolir ? Il te faut un sonotone pour t’extraire de ce sommeil à faire rougir ? J’ai l’impression que t’as fini par vieillir et qu’il n’y a plus de sang de jeunesse en toi qui pourrait flétrir ou éblouir. Pourtant, il te faut mugir pour dire que du pire tu dois te prémunir. Il est temps qu’ils fassent dans votre froc commun que toi tu n’as eu de cesse de remplir. Mais pour que cela puisse advenir, il faudrait déjà que tu entendes toutes ces alarmes qui s’affolent, tels des pachydermes qui ne cessent de barrir, pour t’appeler au réveil sans coup férir.

L’alarme n’a de cesse de retentir. Pourtant tu continues à dormir. Trop de signaux grincent avec force pour te prévenir. Pourtant aucun ne semble, t’assourdir. Trop de discours pour t’endormir, mais tout finit toujours par t’ébahir, t’étourdir. Le temps qui passe est une drogue pour t’abrutir. Et tu campes toujours aux premières loges de ceux qui continuent à subir, sous les feux d’un soleil de plomb à frire.  Ils t’ont déjà baissé le froc sans tressaillir, leur sailli ne s’est pas gêné de jaillir pour te le planter sans faillir. T’es peuple à chialer et gémir. T’es peuple à couiner et à subir. T’es pulpe à se faire sucer sans frémir. Traversé de résignation dont t’as du mal à te départir. Mon pote, plus besoin de capote pour t’ouvrir, te punir. Plus de repentir quand on t’inflige toutes ces douleurs qui te font tant bruire. Hurle, gueule, rien à cirer de tes pleurs qu’ils ne sauraient saisir. T’es de ceux qui résignent sans livrer bataille. Alors, c’est certain qu’avec eux tu pourras rien obtenir. T’es condamné à errer sans avenir. Tu t’es abandonné dans un sommeil sans te retenir. Tu t’es engouffré dans les abysses du fatalisme avec un masochiste plaisir. En attendant, eux te prélèvent dans le corps au-delà de ce que de droit est censé leur revenir.  Et toi, foutu grabataire aux allures d’une fée à démolir, tes muscles ont lâché face à leurs assauts qui ont fini par t’affaiblir. Pire, t’as plus d’yeux pour voir ce trou béant dans lequel on veut te précipiter pour t’anéantir. T’as plus d’oreilles pour capter le vacarme assourdissant de cette alarme qui veut que tes yeux puissent s’ouvrir. Tu risques de manquer le rendez-vous de cette histoire qui fait fierté en te laissant engloutir.

Sors s’il te plait de cette torpeur pour te ressaisir. Déballe, sinon ta fureur, au moins ton ardeur pour dire aux sirènes du malheur que t’es pas prêt de périr. Recadre toute cette engeance du diable qui veut brider tes libertés acquises au prix d’une histoire qu’elle devrait relire. Cette lutte ne saurait se laisser salir, juste parce que certains cabotins veulent exagérément se remplir. Leurs bides bidonnés de ta sueur voulant encore plus se faire arrondir. Trop d’âmes happées pour les garantir. Trop de tombes fleurissent d’échos libertaires dans tes cimetières à bénir. S’ils savent que tu ne saurais haïr, ils devraient aussi savoir que tu ne saurais abandonné une fleur que dans le deuil t’as réussi à cueillir. À ce niveau, le plus grand orateur n’aurait rien à redire. Tu ne saurais te laisser plus appauvrir. Ta gueule, tu devrais pouvoir l’ouvrir. Ta godasse, tu devrais pas te la laisser salir. Qu’aucune gueule dégueulasse ne dégueule sur tes pompes qui brillent de sa meilleure cire. Si on veut te clouer le bec qui déterre ce qu’on a voulu enfouir, c’est qu’on a des projets bien plus machiavéliques à l’avenir. Certains crachats sont de trop dans une République qui est entrain de se bâtir. Quand ils postillonnent dans cette démocratie qu’ils veulent affaiblir, on voit tout de suite quel type de totalitarisme ils veulent construire.

Ton alarme continue de résonner comme s’il voulait te maudire. Elle voit bien que tu pionces sans que son claironnement ne te fasse bondir. T’as les deux mains enfouies entre les jambes, le derrière en l’air. Tu ronfles tel un vieil alakabo qu’aucun mécano n’a réussi à guérir.  Ton alarme, tel un cheval qui refuse l’oxer se cabre et se met à hennir. Et tu dors encore et encore au-delà d’un sommeil devant lequel on se laisse attendrir. À entendre tes vrombissements qui de partout a fini par nous envahir, une seule envie nous traverse sans nous travestir : te réduire au silence pure et dure. Mais on se sera précipité dans le piège de ceux qui ne jurent que par l’existence d’un seul et unique bruit dans leur empire. Ceux qui estiment qu’un autre derrière ne doit péter autrement que par le son du pet qu’ils ont bien voulu valider et bénir. Qu’aucun pet ne doit sentir autrement que par le fumet de leurs flatulences que tout le peuple doit recueillir. Qu’il faudra accueillir, entretenir bruit et puanteur de leurs pets pour vivre en paix et tout gravir. Ainsi donc, si t’as pas les fesses qui de leur bruit et odeur signées et cachetées doivent s’épanouir, on te les fermera avec aiguilles et fils de fer avec leur liberticide sourire.

Mais, il tient qu’à toi de leur rappeler qu’ils n’ont pas intérêt à dégueulasser tes godasses brillant dans le magnifique cirage dont tu t’es échiné à les enduire. Tu tiens à les voir continuer à luire. Elles brillent des feux d’un passé qu’ils ne pourront obscurcir et d’un avenir qu’ils ne sauront ternir. Ta gueule, tu continueras à l’ouvrir. Que ce soit sur les hauteurs d’un Gangan ou dans les étoiles d’un Espace. Ici ou ailleurs, la liberté de parole n’acceptera de se laisser réduire ou détruire. Cette indépendance vaut rébellion et insoumission dans un bled qui veut tout nous prescrire. Jusqu’au pet que nous devons applaudir. Jusqu’à la puanteur de pet que nous devons chérir. Même si le mec a bouffé du lafidi ou des haricots avant de lâcher sa caisse sans nous avertir. Il est temps qu’ils sachent que toi aussi tu sais péter sans te retenir, sans assainir. Qu’il n’y a pas de raison que eux-aussi ne sentent pas le fumet de ton « bandé khiitaa », quitte à provoquer leur ire. Et une fois que j’ai lâché tout mon délire, que t’as compris que notre commune table peut autrement se garnir, il me reste plus qu’à fermer ma gueule et je dégage !

Soulay Thiâ’nguel

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