Journée internationale des personnes handicapées : rente contre avec un handicapé ‘’rebelle’’

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Mamadou Aliou Diallo handicapé

Ce lundi 3 décembre, c’est la célébration de la journée des handicapés. Un moment de réflexion sur leur situation pour une  insertion socio-professionnelle. Une fête pour eux, mais qui passe inaperçue aux yeux de beaucoup d’handicapés. C’est le cas de Mamadou Aliou Diallo.

Mamadou Aliou Diallo est âgé d’une vingtaine d’années. Il est père d’un enfant. Sur un fauteuil roulant, Aliou fait la navette sur la croute Donka en face de la moche queue Faille sale. C’est évident ! Ces membres inferieurs sont inertes, pliés, il ne peut pas marcher. Il est handicapé moteur.

Comme lui, ils sont beaucoup à s’étaler à la devanture de la grande moche-queue de Con-à-cris. Sans abris et sans ressources car dépourvue de toute capacité physique. Toute la journée, le jeune Mamadou Aliou tend sa main vide devant les bonnes volontés pour mendier. Quémander pour avoir quoi se mettre sous la mâchoire. C’est ça la routine. « Chaque jour nous sommes ici, plusieurs personnes de bonne volonté viennent des fois nous donner de l’argent ou du manger. Nous vivons de ‘’fi sabillilahi’’ « pour la cause de Dieu » par ce que on n’a pas les moyens et la force de travailler », nous lâche d’une voix misérable Aliou.

Des handicapés mendiants

Le 3 décembre est l’unique jour dans l’année où l’humanité fait semblant de penser à eux. Pour ceux de notre bled, certains le savent, mais n’y prêtent pas attention. C’est le cas du jeune papa infirme et de tous qui sont devant la mosquée Fayçal. Ça passe inaperçu car ‘’inutile’’ aux yeux de Mamadou Aliou. « Ils ont envoyé des millions pour nous qui sommes à la mosquée Fayçal, les gens ont tout détourné et moi je n’ai eu qu’une casquette. Ce matin ils sont venus pour qu’on parte à la célébration de la journée et on a dit qu’on nous envoie des t-shirts pour nous encourager  mais ils ne sont pas venus et on a rien eu. L’année passée on était parti et ça aussi on avait rien eu, cette fois on s’est dit que c’est inutile de partir ».

Ils sont abandonnés à eux-mêmes. Sans abris, Aliou passe la nuit sous le grand pont de Donka situé sur l’auto croute Fidel casse trop. D’une voix tremblante et lamentable, il interpelle. « Qu’il nous aide à avoir les cités des handicapés pour qu’on fasse du travail et des métiers par ce que on se couche sous les ponts, dans les marchés et dans les rues. Ce qui n’est pas bon par ce que tout peut nous arriver. Donc on demande au gouvernement de nous venir en aide ». La seule cité dédiée aux handicapés est dans un état crasseux. Elle ne peut contenir tout le monde.

La célébration de la journée internationale des handicapés est pour Mamadou Aliou Diallo inutile. Sans importance, car ça ne leur profite pas. Que du brouhaha de la part des gouvernants sur la situation des personnes vivant avec le handicap.

Mbella Diallo

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