LETTRE OUVERTE POUR L’ÊTRE EN PERTE DE CITOYENS 

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LETTRE OUVERTE POUR L’ÊTRE EN PERTE DE CITOYENS 
Ce bled est vraiment magique. Tout est forcément magnifique. Apprécier pour éviter les foudres maléfiques !
Il faut forcément dire que c’est bon. Il faut chanter beauté et perfection, en qualifiant toutes les actions du gou-bernement pour ne pas être taxé d’apatride par ceux qui à la mangeoire se servent par excès. Pourtant, je suis et reste pour le moment dans ma pingrerie habituelle. Je ne veux point apprécier ce qui est haïssable. Des idées reçues, je fais table rase. D’une observation sérieuse, j’en fais pour me distinguer des béni-oui-oui qui polluent partout avec leurs fables. C’est pourquoi, je préfère qu’on me traite de tous les noms, mais ne jamais être ce sage, dont le ventre gargouille de faim et la bouche sort des phrases pour colmater ce qui est en face évident. Car à pas accélérés vient vers nous la déception. Car du ment-songe nous faisons irruption. Ne soyons pas surpris si les douleurs font usurpation. De cette condition, certains ont développé des tendances qui les aident à aller vers une adaptation. Il faut seulement percevoir quelques miettes qu’on va bouffer rapidement pour ne plus voir, même ce qui nous perse les yeux. C’est comme si on dessine et nous voulions que cela s’éternise sur le sable de plage. La vérité est que la souffrance est plus éloquente que leurs bavardages. Elle est plus énergique et lisible que leurs phrases. Elle est sur une critique phase et qu’on me supplie de suivre des clowns dans un cirque, je refuse pour l’intérêt de ma santé mentale de suivre celui qui distribue des mensonges sans étal. L’autre là-bas, celui qui pense que « savoir parler » est tout ce dont nous avons besoin, organise un évènement de taille, tout cela sûrement pour faire les yeux doux au pouvoir, pour qu’il soit vu du bon œil et que de son action, considération et applaudissement pleuvent… C’est comme s’il voulait impressionner un cabochard, celui qui dit ne jamais être émerveillé par le boulot d’un autre, parce que préoccupé à s’apprécier soi-même. Ah narcissisme, quand tu nous assailles!
Le pauvre, il s’est donc enflammé et a laissé péter son émotivité. Il l’a vraiment laissé prendre le dessus. Celui dont la tempérance était enviée est désormais victime d’une petite colère à la conséquence écrasante. Les bouches indiscrètes chantonnent aujourd’hui son « malheur ». Par plus d’une bouche, s’échappe cette maudite phrase (sûrement pour lui, la plus maudite): « démissionne », tu auras notre soutien. Mais malheureusement, on ne pourra te donner les mêmes privilèges et salaires, tu n’auras avec nous qu’un sal-air. Par contre, nous pouvons bien goûter à cette même galère, qui est pire qu’une prostituée ambulante objet d’une tournante entre les potes, ou une seule malheureuse femme épousée par un groupe d’hommes. Moi, je n’attends pas après l’éviction d’un individu au sein d’un système empesté pour lui donner tout mon estime. Car de ce système, il a contribué à l’élever; au sein de lui, il s’est imprégné, au point d’en être un échantillon. Car des bons moments avec ses collègues, il s’est arrosé. Ce n’est pas maintenant qu’il va décider d’ôter ces malhonnêtes nageoires qui l’ont permis d’être où il est aujourd’hui. Sinon, le mieux serait de changer de disque. Car celui-ci bègaie trop et se fout de notre curiosité. Je ne veux pas non plus faire ce que fait cette frange de jeunes actuellement avec misterselfies, le sinistre jeune (la jeunesse n’est pas un talent) qui veut se macroniser. Si le système est pourri, on ne peut pas se permettre la même chose que le mauvais recycleur de produits avariés ou celui qui réintroduit sur le marché des produit périmés. Il y a même des mouvements virtuels qui se cramponnent sur un réel mouvant pour fonder à la base de petits groupes, des slogans et des soutiens qui excitent les exclus du gou-bernement et les rassure de continuer à berner. Car elle est encore douce la cible. La plupart des cadres (jeunes) vieux-heureux, c’est après être rejeté qu’ils se rangent du côté des peuples, avec des maux et une phraséologie adoptés pour la circonstance. Mais au fond, ce n’est que du fla-fla. Alors attention, ne tombons dans les pièges des déçus à la recherche de pop-hilarité. Cette coquette conquête n’a pas sa place dans les rangs des jeunes, les couguars politiques vivent encore pour sous-tenir ces initiatives qui ternissent.
Dire aujourd’hui que « ça va » et que ce sont des personnes de mauvaise foi qui critiquent, c’est être d’une malhonnêteté vieille et coquine. Sinon, les faits sont là, ils sont têtus. L’éducation souffre, c’est d’ailleurs le domaine le plus bâillonné de la réplique-mouvante.Et si je vois certains identifier des problèmes autre que la maladie de l’éducation, ça me tue dans mon for intérieur. Car, ce pays ne pourra pas bouger d’un seul pas, si ce problème n’est pas résolu d’urgence. Mais comme le premier guinéen est déjà prof et il n’a jamais fait construire une université, vous pouvez comprendre.

C’est d’ailleurs ce manque d’éducation qui fait que les gens confondent ici: éloquence et connaissance, il ne faut surtout pas se leurrer. Car savoir parler et avoir un bagage intellectuel font deux. C’est ce manque d’éducation qui fait qu’on désigne le critique comme saboteur, ou du moins ne sachant même pas ce que c’est que saboter. Voilà pourquoi des mots on ne fait qu’avancer pour que notre ignorance soit masquée et que notre maladresse soit arborée. Pour finir, la citoyenneté comme par des exemples venant de ceux qui doivent faire respecter la loi, car si on agit mal, c’est parce que la loi est aussi bancale ici. C’est ce qui fait que la sottise a pris place dans ce bled. Elle s’est flaquée sur un trône doré. Alors messieurs, dames, ceci n’est pas un problème d’une semaine qui ne sera que formel, c’est plutôt un problème de fond qui doit être perpétuel.  Cordialement, un qui en a marre de notre mal et qui veut du sérieux dans la sphère politique!

                         Elhadj OusmaneDK Baldé 

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