Mariage précoce : témoignage glaçant d’une victime mariée à l’âge de 14 ans

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Une jeune fille victime de mariage précoce

Le mariage précoce, une pratique néfaste qui affecte la santé des adolescents et jeunes de tout âge. A Condébilidougou,  nombreuses sont des filles qui se marient alors qu’elles sont encore adolescentes. Même si l’article 280 interdit tout mariage de filles avant 17 ans. On les prive du droit à l’éducation. Ce phénomène maintient la jeune fille dans la pauvreté et la résignation. Hélas, c’est de génération en génération.

Quitter l’école à l’âge de 14 ans pour épouser un homme choisi par ses parents, c’est le sort réservé à beaucoup de jeunes filles Condébilikas. Toutes communautés sont concernées.  Adama Oury Diallo est une de ces filles. Elle a été mariée à l’âge de 14 ans à un homme qu’elle n’avait jamais rencontré. Elle l’a vu que le jour de son mariage, qui en temps réel est un jour heureux pour une nounou. Elle vit depuis entre douleurs et désarroi.

« Je ne connaissais pas l’homme avec qui j’allais me marier, je l’ai rencontré le jour de notre mariage. Le premier jour de notre rencontre après notre mariage s’était mal passé. Je n’avais pas d’envie sexuelle. Je ne connaissais même pas le sexe d’un homme. On se disputait souvent à cause de ça, juste parce que je n’avais pas d’envie du sexe. Il me frappait chaque fois qu’il avait envie de moi parce que je ne voulais pas ».

Quand elle a été obligée par ses parents d’épouser son ‘’bourreau’’ elle était en 6 ème année. Elle a dû comme vous pouvez le deviner arrêter les cours pour s’occuper d’un foyer. Une situation à laquelle elle n’avait pas été préparée. Pendant que ses camarades d’âge entraient au collège, elle s’apprêtait à accueillir son premier enfant

«  Je regrette vraiment ce qui m’est arrivé. Je  n’ai pas pu continuer mes études. Je me suis limitée en 6éme année. Il y a  2ans et demi depuis que je me suis mariée. Et j’ai déjà un enfant. J’avais eu des complications pendant mon accouchement. Il fallait que je fasse une césarienne. Quand je vois mes camarades d’enfance aujourd’hui j’ai envie de pleurer parce que je me sens non seulement en retard sur le plan d’avenir, mais aussi sur le plan physique. De fois même je me cache d’eux. J’ai vraiment honte de moi-même,  et je regrette ce qui m’est arrivée », se lamente-t-elle.

http://guineedecalee.com/centre-islamique-de-don-cas-le-cjflg-zozote-mariage-precoce/

Cette jeune fille certes résignée ne veut pas que cela continue. Elle a un appel à lancer aux parents pour un meilleur futur des jeunes filles.

«  Beaucoup pensent que les femmes ont un statut inferieur à l’homme. Elles sont souvent considérées comme un fardeau dans leurs familles et que leur bonheur se trouve dans leur foyer. Bien sûr toute femme mérite un mari, mais avant l’âge, c’est un crime. Je profite de votre micro pour demander aux parents qui donnent leurs fillettes en mariage d’arrêter, car c’est un phénomène qui freine la jeune fille dans son épanouissement », a indiqué Adama Oury.

A rappeler que des milliers des femmes vivent encore ce phénomène. Comme Adama Oury des jeunes filles croupissent encore sous le poids du machisme et du patriarcat de notre société.  Des campagnes de sensibilisation sont souvent organisées mais les resul-tards tardent à se faire voir sur le terrain.

Djiwo Bas

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