MES INTERROGATIONS DÉCRITES

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Soulay Thiâ'nguel

Je vais le dire à ceux qui ne l’ont pas lu sur ma page mal fesses-bookée : Il n’est difficile de ravaler ce qu’on a chié que pour celui qui a un nez pour sentir la merde qu’il a lâchée ou des papilles en bon état et épurées. Malheureusement, la Guinée est infestée de personnes dont l’odorat est affecté, le goût infecté. Pourquoi ? Pourquoi faut-il que sur personne nous ne puissions jamais compter ? Pourquoi faut-il que régulièrement nous soyons obligés de nous désoler ? Pourquoi faut-il que face à l’adversité nous soyons toujours esseulés ? Pourquoi faut-il que par nos élites nous soyons infailliblement humiliés. Pourquoi faut-il que dans la lutte pour nos droits et libertés nous soyons toujours abandonnés. Pourquoi faut-il que dans notre bled mal né la conscience soit une si banale prostituée ? Pourquoi faut-il que les convictions soient des girouettes déglinguées, qui tournent même lorsque le vent est une brise essoufflée ? Pourquoi faut-il que la déception soit la seule et unique chute de ceux à qui on a tout accordé ? Pourquoi faut-il que nos cœurs soient traversés par autant de cupidité ? Pourquoi faut-il que la survie soit plus forte que la vie qu’on pourrait bâtir dans la dignité ? Pourquoi faut-il que la dignité soit vendue à un prix si vil et mal négocié ? Pourquoi faut-il que notre hier soit plus digne que notre aujourd’hui qui bêtement est outragé ? Pourquoi faut-il que nous n’ayons pas la tête levée, le torse bombé, le regard fixé, l’ambition partagée d’une Guinée mieux rêvée ? Pourquoi ? Dites-moi pourquoi.

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Je vais de nouveau le répéter, ou si vous voulez le péter une seconde fois dans vos narines bouchées : Il n’est compliqué de humer un pet que pour celui qui vit en dehors de ces vécés. Malheureusement, la Guinée abonde de personnes qui ont fait de leur propre pet des compagnons fidélisés. Pourquoi ? Pourquoi faut-il que nos héros d’hier soient nos zéros d’aujourd’hui sans nous alerter ? Pourquoi faut-il que le sang de notre sacrifice soit sèchement récompensé ? Pourquoi faut-il que nos torrents de larmes indûment arrachés, que nos âmes précocement fauchées, que nos blessures impunément infligées, accouchent d’autant de mépris non sanctionnés ? Pourquoi faut-il que nos espoirs soient continuellement désenchantés, que nos espérances filles de nos résiliences enchantées soient finalement désagrégées ? Pourquoi faut-il que ceux pour qui nous avons applaudi l’an dernier nous frappent de la dague de la trahison rouillée ? Pourquoi faut-il que la promesse des fleurs épanouies ne soit jamais respectée ? Pourquoi faut-il nous tenir la main fragilisée par tant d’années de lutte acharnée, si c’est pour la lâcher au premier bol de soupe qu’on est amené à croiser ? Pourquoi faut-il que les langues soient si prêtes à tout lécher, à laper même ce qui leur faisait horreur par le passé ? Pourquoi faut-il que notre pays pisse d’élites si assoiffées, si affamées ? Pourquoi faut-il qu’elles soient plus abordables que la traînée du carrefour Transit sur l’axe Kipé ? Pourquoi faut-il qu’elle soit si prompte à écarter sa jupette si apprêtée face au premier connard qui vient amadouer ? Pourquoi faut-il qu’elle s’allonge si impudiquement, si frénétiquement, si lascivement,  jambes écartées pour des jetons souillés de nos deniers chapardés ? Pourquoi faut-il que nous soyons un peuple si résigné au point que ces putaineries ne soient jamais châtiées, que ces sexes impoliment déployés ne soient jamais châtrés ? Pourquoi faut-il que conviction et conscience soient bloquées dans un sous-sol qui baigne dans l’obscurité en se demandant à quelle lumière se vouer ? Pourquoi faut-il que la laideur soit si exposée, la beauté si asphyxiée, la honte si banalisée, l’honnêteté si trompée, la filouterie si encouragée, la droiture si découragée, l’inconstance si avisée, la constance si abusée, l’égoïsme si développé, la solidarité si enveloppée, l’argent et les privilèges si recherchés, si adulés au point qu’on peut envoyer sa conscience chier sans sourciller ? Pourquoi faut-il qu’on nous fasse le serment de nous aimer, de nous protéger, alors que c’est pour nous entuber, faire de nous des strapontins vulgairement jetés après avoir été abîmés ? Pourquoi faut-il que nous n’apprenions jamais des abus du passé ? Pourquoi le faut-il ? Pourquoi ?

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Une fois de plus je me donne le droit de récidiver : Il n’est inenvisageable de bouffer son propre vomi éructé que pour celui qui a des yeux pour voir la gueule de sa vomissure étalée. Malheureusement, notre Guinée grouille d’aveugles affamés qui déambulent le museau aux quatre vents damnés. Pourquoi faut-il que nous en soyons les héritiers ? Pourquoi faut-il que nous en soyons les contemporains hébétés devant tant de reniements rééchelonnés ? Pourquoi faut-il que ce soit ce type de personnalité qui prospère dans nos cités ? Pourquoi faut-il que le respect des valeurs soit inscrit au tableau d’horreur en toute tranquillité ? Pourquoi faut-il que l’âme humaine soit si sale de notre côté ? Pourquoi faut-il qu’il y ait tant de phénix dans un bled où aucun pharaon n’a pourtant jamais mis les pieds ? Pourquoi faut-il qu’à chaque infidélité, chaque déloyauté on s’oblige à tout pardonner, à tout effacer, à oublier, tout oublier ? Pourquoi ? Je veux savoir pourquoi faut-il qu’il en soit ainsi dans notre République cocufiée à longueur de journée ? Je veux savoir pourquoi parce que je ne suis pas prêt de renoncer. À chaque enfant qu’on nous fera dans l’illégitimité, je cracherais ma bile forcenée sur le visage de ces traîtres à toutes nos offrandes forcées. Je pisserais sur eux mes mots mal élevés, parce que je n’ai que mes lettres pour m’opposer. C’est de mes lettres tranchantes que glisse la lave qui peut me libérer. Je me donne le droit hurler. J’arrache le droit de vociférer. Ma colère est beaucoup trop ample pour contenir dans mon cœur dépité.  Jamais je ne me tairais. Mes doigts frétillent d’irascibilité. Mon cerveau danse de mille et une débilités pour crier toute la hargne qui sourde en mon intimité. Parce que je veux comprendre pourquoi le cœur de nos élites est si mal teinté, si tenté qu’il est possible de comprendre le pourquoi de cette friponnerie brevetée. Sachant que je peux encore attendre les réponses à mes questions posées, puisque pour de vrai j’ai dû fermer ma gueule et dégager, alors j’ouvre ma gueule et j’emmerde !

Soulay Thiâ’nguel

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