En-saignement Souper-rieur: Tout le monde il est beau…

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En-saignement Souper-rieur: Tout le monde il est beau…
Pour ériger la Guinée au rang des pays émergents, à travers la promotion du potentiel humain, le développement des savoirs et savoir-faire, le développement stratégique de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Yéro Baldé, a procédé, entre autres, à une revalorisation des primes de fonction du personnel enseignant du supérieur, le mois d’août passé.
Cette mesure courageuse fut applaudie par plus d’un, car porteuse d’espoir pour la qualification de notre système d’enseignement qui a tant souffert de mauvais traitements (le plus bas de la sous-région), du manque de planification pour la formation des formateurs, du laxisme et de la complaisance dans la gestion des institutions d’enseignement supérieur… pour ne citer que ceux-ci. Ces actes posés par un ministre qui n’est pas du sérail, il mérite des éloges dignes de ce nom. Malgré cela, ces avancées risquent de causer plus de problèmes que de solutions.
Primo, elle est « exclusionniste » et donc porteuse de frustration. La partie exclue se sent minimisée, méprisée, ségréguée. L’exclusion entraine l’inégalité sociale, en d’autres termes. Ainsi, il en résultera une détérioration des liens sociaux. Cette dernière détériorée laissera place aux conflits d’intérêts entre parties. Or, avant même le camp militaire, l’Université est le lieu où l’ordre et le respect de la hiérarchie sont impassibles. Pourtant, ces derniers instants sont témoins de propos peu élogieux dans les bureaux ou dans les médias entre assistants et enseignants haut gradés. Le respect ne tardera pas à revenir après la tempête.
Secundo, elle portera un coup dur aux mesures de qualification entamées par l’Etat à travers le Ministère de l’enseignement Supérieur. Il faut quand même reconnaitre que c’est près de 95% du personnel enseignant qui est laissé pour compte. Cette frange constitue la cheville ouvrière qui œuvre sans relâche pour que fonctionnent les Universités sans bruit. C’est elle qui est en contact direct avec les étudiants; elle est plus influente que n’importe quelle administration universitaire. Si le monde universitaire a relativement été calme ces quinze dernières années, c’est à cause de la qualité et la bonne maîtrise de ces assistants. L’Etat ne veut plus orienter de bacheliers dans les privées, il a tout intérêt à éviter toute friction avec les assistants pour que ses projets aboutissent.
Tertio, l’arrêté démontre à suffisance que l’Etat est capable de faire plus car, comme on le dit souvent « qui fait le moins, peut le plus ».
Par conséquent, j’estime qu’avec une bonne volonté, une bonne foi de part et d’autre, je suis convaincu que tout le monde sortira satisfait de cet imbroglio. Les enseignants hauts gradés doivent approcher les jeunes assistants et faire front commun. De toute façon, ils savent bien que ces derniers sont leur tête, leurs bras et leurs pieds, à la fois. D’ailleurs, je n’ai jamais vu au camp de divorce entre caporaux et généraux lorsqu’il s’agit de revalorisation salariale. Mieux, lorsqu’on a fait une amélioration du traitement des magistrats, on n’a fait aucune restriction. Pourquoi ce traitement différent au sein d’une corporation ?
Aux assistants, arrêtons les propos extrémistes; allons dans la plus grande discipline, c’est cette  voie de la sagesse qui nous mènera à la solution souhaitée. Ne demandons guère le départ de qui que ce soit, à chacun sa chance.
A monsieur le Ministre, rajoutez à votre courage pour remettre les assistants dans leurs droits. Ainsi « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, les étudiants seront  mieux servis ».
Bonne compréhension à tous !
                                        Maraka Mansa 

 

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