Les sculpt’sueurs peinent pour les vendeurs grossistes

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Les sculpt’sueurs peinent pour les vendeurs grossistes
Sculpteurs et  vendeurs grossistes, personne ne mâche ses maux. Les premiers pleurent et se lamentent ; et les derniers ont le corps grassouillet et les dents blanches, ils ne peuvent que sourire.
L’environnement commercial n’est pas du tout favorable aux œuvres sculpturales à Con-à-cris. C’est si couci-couça, si cahin-caha qu’on pourrait dire que les sculpteurs ne travaillent que pour ceux qui savent écouler leurs productions à l’étranger, ces hommes d’affaires cupides et avares qui ont des relations commerciales en dehors du bled. Ils achètent à vil prix ou à des prix dérisoires des masques, des statuettes et d’autres œuvres d’art aux sculpteurs et les revendent à prix d’or à l’étranger. Une situa-tension que nous a résumée d’ailleurs, Ahmed Sékou, sculpteur au quartier Yimbaya: « Nous battons les buissons et un autre prend les oiseaux. Le travail est épuisant mais les revenus sont pour les hommes d’affaires. Car le guinéen ne trouve pas de valeur à nos œuvres culturelles sauf les étrangers », s’est-il lamenté. Les grossistes, quant à eux, profitent tellement de cette situation qu’ils sont tous devenus ventrus et ne peuvent plus maintenant s’en cacher. Mais au détriment des sculpteurs qui n’ont pour eux que de se creuser la cervelle pour trouver l’inspiration ou se blesser les doigts contre les morceaux de bois durs et rugueux. À en croire à ces ventrus, le marché des œuvres sculpturales est une affaire juteuse surtout lorsqu’on s’y connait bien. Le prix d’une œuvre sculpturale s’évalue en des millions « L’art n’a pas de prix. C’est pourquoi on peut vendre une sculpture à 2 millions, voire 5 à 10 millions. Ça dépend de sa beauté et de la convoitise qu’elle suscite chez les clients », s’est réjoui le doduu Dâbö Sidiki, vendeur d’œuvres d’art et propriétaire du magasin FAKIKI GALLERIE, sis aux abords de la fôret Kakimbo.

 

Le comble, c’est que les sculpteurs ignorent l’existence d’un mystère de la cul-culture car, non seulement ils ne bénéficient d’aucun soutien de la part de celui-ci, mais aussi, bannis des foires internationales qu’organise parfois le mystère. Selon eux, les visas de participation à ces événements culturels ne sont octroyés qu’aux vendeurs grossistes et à d’autres commère-chiants qui n’ont rien à avoir avec l’art et la culture. Ils font des ponts d’or au mystère pour s’offrir des visas de participation. Pire, la crise d’Ebola aura aussi chassé les quelques touristes qui visitaient Kondébilidougou, enterrant au même moment le dernier espoir des sculpteurs. Et la descente aux enfers continue pour ce secteur ar-tristique.
                                Doussouba Yaya Sacko 

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