SEXES SECTIONNÉS

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Âmes innocentes narguées marquées

Marquées du fer rouge de la lâcheté

Cachetées par de vieilles perverses décérébrées

Âmes portant stigmates de l’humiliation célébrée

Personne ne viendra sur leur terrible sort pleurer

Éplorées personne ne saura l’étendue de leur dignité flouée

Floutées pupilles par la force de leurs blessures endurées

Embués couteaux ne fermeront pas leurs braguettes affamées

Fameux pleurs à celles subissant ces assauts à sauts répétés

Elles seules pataugent dans la fange où on les a plongées

Les traumatismes sont pour ces seules innocences happées

Zappées dans le tourbillon d’un tour bouillant béant béatifié

Bêtifiées fillettes dont chacune son tour chez la coiffeuse névrosée

Coupant cette mèche rêche qui elle ne repousse pas avec régularité

Hilarité et ripailles lors de fêtes où elles doivent la fermer

Enfermer l’infâme bagage dans leur intimité piétinée

Piété piètre pour ces cicatrices qu’on exige d’oublier

 

Oublier le souffle sifflant de ces matrones essoufflées

Oublier les complaintes ceintes des lames aiguisées

Oublier l’hémoglobine aux palpitations liquéfiées

Tout enfouir dans le fouillis des âmes malmenées

Par de mâles mémés d’un pays de dégénérées

Second producteur mondial de sexes mutilés

De crêtes orgasmiques sanctionnées

De sexes sectionnés dans la gaieté

Petit bourgeon décapité- décapsulé- découpé-assiégé

A siège-avant arraché par des intruses forcenées

Frontières forcées dans l’écorce de l’obscurité

Etincelle éteinte sur étreintes jusque-là immaculées

Emasculées maculées d’un masque de perversité

Citée par le canif hâtif qui livre le rétif sexe déformé

Arrosé de larmes saignantes jaillissant de globes scellés

 

Pleurer, rien faire que pleurer

Se lamenter, rien faire que se recroqueviller

Vriller dans le cachot de sa douleur réprimée

Réimprimer la prime du refoulement enduré

Espérer une once de clarté à laquelle s’accrocher

A ces crochets, s’en remettre comme à la fatalité

Finalité de la réalité qui elle a déjà décidé de lâcher

Lâches jeunes héritiers de nos aînés sans pitié

La lutte pour notre survie doit être menée

A nous de savoir si le destin doit se forger

Par le faux miel de l’imbécillité

Ou le beau fiel de l’opiniâtreté

Malgré les traditions déterminées à nous écraser

Ces p’tites filles d’ici en appellent à notre férocité

Que ces petites pentes indûment châtrées

Puissent culminer en toute sécurité

Soulay Thiâ’nguel 

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