Télénovelas, l’adoration cause des frictions dans les foyers

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Télénovelas, l’adoration cause des frictions dans les foyers
Depuis que Con-à-cris, capitale de Kondébilidougou, a vu son électricité se pérenniser à peu près, les chéries télénovelas ont tout de suite gagné et conquis le cœur de nombreux con-à-crieurs, au grand dam des quelques films de l’agonisant cinéma de Kondébilidougou. Mais ces feuilletons sud-américains ne suscitent pas que de la passion, elles sont aussi devenues aujourd’hui de véritables sources de fâcherie, d’altercations et de querelles dans de nombreux foyers de la capitale. C’est ce qui ressort d’une série d’interrogations de décalage effectuées par un reporter de guineedecalee. Il suffit de sillonner quelques quartiers de Conakry pour pouvoir tout de suite cerner l’ampleur de l’emprise que les télénovelas ont sur les amoureux de films, notamment sur les femmes et leurs enfants dans les foyers. Chaque jour, avant les heures de diffusion de ces télénovelas, les femmes se pressent dans leurs petites corvées ménagères pour ne pas rater même une petite séquence de ces séries devenues des cultes. Certaines d’entre elles abandonnent même les marmites au feu pour seulement ces plaisirs des yeux. Celles qui ne supportent pas l’émotion chialent comme des madeleines.
Ce jeudi soir, dans une concession au quartier Sangoya, de nombreuses nounous et nénette aux nénés tombants ou dressés sont réunies au salon autour d’un écran. Parmi elles, Aminata qui habite non loin de là. Depuis que leur poste téléviseur est tombé en panne, son mari n’ayant pas songé à le réparer sous prétexte qu’il rend son épouse paresseuse, la jeune femme déserte chaque jour sa maison pour venir suivre ici le feuilleton EL DIABLO, l’une de ses favorites séries « J’adore beaucoup les séries par rapport aux Pèssès et Sodia. Elles parlent d’amour, de ce qui se passe dans les familles et comment dorloter son homme afin qu’il reste le tien », explique-t-elle dans un sourire et sur un ton de plaisanterie. « Moi, je ne peux plus résister. J’aime la façon dont les actrices s’habillent, leurs coiffures et ça m’inspire parfois », évoque une jeune élève qui sert ici de traductrice pour ces femmes à majorité illettrée.
Cependant, ces séries ne suscitent pas que joie et émotions dans les foyers. Selon le blogueur Ali-mou Show, elles constituent aussi, de nos jours, l’ « une des principales causes de nombreux accrochages au foyer entre le mari et la femme », chacun voulant gérer la télécommande à sa guise « Le monsieur veut regarder les matchs de football ou le journal alors que c’est l’heure de la série de sa femme. Ce qui engendre inévitablement des disputes et querelles », analyse le blogueur qui s’inspire parfois de ces altercations pour écrire ses billets humoristisques qui ont énormément de succès auprès de ses lecteurs. Une analyse qui pourrait bien s’appliquer au foyer de M’mah qui habite avec son mari à Sangoyah-mosquée. Selon cette femme, son mari et elle se disputent très souvent au sujet de la télécommande. Et ça aboutit généralement à des querelles entre eux «Même le mercredi dernier, il y a eu des disputes entre nous. Il voulait regarder ballon et moi je voulais suivre la rediffusion de Indira que je n’ai pas pu suivre la journée à cause de la préparation », déplore-t-elle . Elle ajoute tout de même qu’elle est « si accrochée que parfois ça l’agace ». Certains hommes n’échappent pas aussi à l’attraction de ces séries. C’est le cas de Laye, ce jeune étudiant se déplace chaque fois dans son quartier pour venir savourer des Novelas chez sa tante qui habite à Sangoya « J’ai suivi l’an passé beaucoup de séries. Mais je n’ai suivi que quelques séquences deTRAHISON. Je veux la suivre en entier cette fois. C’est pourquoi je viens chaque fois ici. », nous-a-t-il confié.
Toutefois, le blogueur Ali-mou Show pense que ces séries novelas constituent un incontestable facteur d’acculturation. Puisque, selon  lui , elles ne sont que le reflet des sociétés de l’Amérique latine. A la question de savoir si le phénomène ne va pas tuer le cinéma de Kondébilidougou, le blogueur souligne que ce dernier est déjà enterré il y a belle lurette. Alors, nos condoléances les plus ar-tristées aux familles déplorées.

 

                               Doussouba Yaya Sacko

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