Bam-Ghetto : Place aux patrons des lieux (déchets plastiques) après la mamaya

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Samedi 2 mars, le gout-vainement comme à son habitude s’est pointé sur les artères de Con-à-cris pour sa mamaya habituelle, l’assainissement. Près de la moche-queue Turque non loin du grand rond-point de Bam-ghetto traîne encore pourtant un tas d’immondices. Et cela, avant et après la journée d’assainissement. Les vrais patrons sont revenus ; les ordures.

A l’évidence, l’Étal n’est pas passé par là ; ou s’il y est passé, c’est seulement comme un fantôme. Notre hypothèse est d’ailleurs confirmée par Cas-marrant Mohamed La-mine qui tient un conteneur de déchets plastiques juste à côté. « …Samedi passé, l’État est venu pour prendre les ordures mais ils ne l’ont pas finalement pris. Ils ont juste repoussé les ordures qui jonchaient le trottoir… » Fait savoir le jeunot. La place où se trouvent les ordures se résume à un espace entre la moche-queue de Bam-ghetto et un petit garage et la croute le Prince. En regardant de plus près, l’on se rend aisément compte que les ordures ont bien été repoussées de plusieurs mètres. Le bac à ordures quant à lui est plein et n’a pas été vidé depuis plus de trois semaines apprend-on.  Pourquoi ? L’on se demande puisque aux dires de Mohamed La-mine, il y avait un bulldozer et des machines devant transporter ces déchets plastiques ce jour-là devant cette décharge anciennement situé au camp carrefour de Cosa.

Au milieu de ces ordures auxquels les citoyens ont mis feu, deux jeunots sont entrain de ramasser tout ce qu’ils peuvent comme déchets plastiques et les fourrent dans un sac. Le plus âgé porte un pantalon noir, sale et déchiré a plusieurs endroits ; sa chemise a la même couleur que son pantalon. Le plus petit est un peu plus propre et ne s’aventure pas dans ses fouilles comme le premier. Entre ce tas d’ordures fumant et le bac d’ordures mis là pour recevoir les déchets aujourd’hui par terre, ces jeunes travaillent sans aucune protection. Ils n’ont pas de bottes ni de gants, encore moins un cache-nez. Pourtant, travaillant bénévolement au compte d’un gros-jet RAMCIPLAST (Ramassage Citoyen des déchets Plastiques) coordonné par Mohamed La-mine Cas-marrant, ce dernier affirme leur avoir donné du matériel de protection. « Ceux-là ils ne comprennent pas. On leur envoie des gants, des cache-nez pour qu’ils travaillent dans la protection mais même si on les donne aujourd’hui, demain ils vont enlever… Chaque matin que nous venons ici, nous leur demandons de prendre ça pour leur protection mais ils ne comprennent pas » explique le coordinateur du gros-jet.

Après papotage avec lui, nous nous retournons pour discuter avec l’un de ses bénévoles. Mais apparemment, ceux-ci ont filé en douce pendant que leur manguè était en train de gesticuler. Nous revenons finalement vers ce dernier. La vingtaine, Mohamed La-mine sollicite un chant-je-ment de mentalité pour du résul-tard sur le terrain. «  Ils ont installé un container pour les ordures ici. Maintenant si c’est plein d’ordures ils n’ont qu’à venir le vider. Mais si le container est plein et que les gens viennent le trouver ainsi, ils vont mettre les ordures par terre ou rajouter sur ce qu’il y a dans le bac et ça finira par tomber. C’est pourquoi vous voyez des ordures par terre, ils ne viennent pas vider le bac… Il faut qu’il y ait une sensibilisation à tous les niveaux et dans toutes les langues même celles locales par rapport aux dangers de ces ordures » finit par demander le jeune Cas-marrant.

Couine Elisa-bête

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