Décharge de Bam-Ghetto : des éboueurs travaillent sans aucune protection

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Des éboueurs à la décharge de Bambéto

Près de la moche-queue Turque non loin du rond-point de bam-ghetto, nous avons rencontré Monsieur au Cas-marrant. Éboueur, il débarrasse le quartier de ses ordures pour ensuite les déverser à cette décharge improvisée. Il vit actuellement de son métier qu’il ne pratique plus régulièrement en raison de quelques problèmes.

Il est 11h quand nous nous retrouvons devant la décharge de Bambéto autrefois localisée près du camp carrefour de Cosa. Devant la décharge, une charrette est posée près de plusieurs sacs. A quelques mètres trône un bac à ordures, derrière lui, d’autres tas s’amoncellent éparpillés çà et là. Des yeux, nous cherchons à qui appartient cette charrette, c’est peine perdue pour le retrouver. Pendant notre observation, nous remarquons deux jeunes penchés sur des ordures au milieu de la fumée qui s’échappe de celle-ci. A côté de la décharge, un homme revend des bâches. Nous nous dirigeons vers lui pour savoir s’il peut nous aider à trouver ce charretier. Il va lui-même l’appeler de l’autre côté de la croute.

L’homme qui se dirige vers nous en compagnie du revendeur est propre et bien soigné, il n’a pratiquement rien d’un éboueur. Sapé comme jamais. Habillé d’une chemise en rayure,  aux manches courtes et d’un jean remonté au bas de ses genoux, le jeune homme la trentaine a l’air souriant. Quand nous nous présentons, il se montre d’abord réticent à parler. Après un moment de discussions, il accepte de papoter mais sans aucune image de lui. Il se fait appeler M. Camara et pratique ce boulot depuis plusieurs années maintenant au sein d’une structure. La zone qu’ils couvraient a été réduite. Par qui ? Il ne le sait pas. Avant, ils couvraient des quartiers environnant le marché et le marché  lui-même.

Leur lieu de décharge a aussi été délocalisé à son grand malheur « … Avant c’était bien parce que c’était par terre, c’était un grand terrain au camp carrefour là-bas donc chaque fois qu’on allait, on pouvait verser les ordures vite vite là-bas et continuer notre travail mais à l’heure-là c’est ici, avec ce container-là. Et quand le container est plein, nous ne pouvons pas continuer le travail, on nous dit d’arrêter » nous explique le gars.

«  A l’heure-là, le travail ne va pas bien du tout… C’est difficile de vivre avec par ce que nous ne gagnons pas d’argent…», se plaint le Sierra-Léonais dans un français passable. Son travail d’éboueur, il le fait sans protection exposé à tous les dangers, pas de gants ni de bottes. « Tout ça, on ne nous a pas donné ; c’est nous qui payons ces chose là pour nous même » confie-t-il. Lors de la mamaya d’assainissement du gou-vainement, il y participe à sa manière mais ceux-ci se limitent seulement aux grandes voies très souvent, nous dit-il. Ce travail, il dit le faire momentanément. « Je fais ce travail juste parce que les temps sont durs pour moi actuellement. Je vais laisser ce travail pour faire un autre boulot, je ne compte plus durer dedans… » Déclare Mr Camara.

A la question de savoir ce qu’il veut faire quand il changera d’activité, il dit penser soit au gardiennage soit au commerce. Donc faut chercher l’argent hein ! Parce qu’on n’entre pas dans commerce comme-ça.

Couine Elisa-bête

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