JEUX DE DUPES, VŒUX DE SOUPES !

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Dans le microcosme politique guinéen de ces dernières années, le jeu favori de nos politi-chiens, c’est le kouuyé. C’est à celui qui se cachera le mieux pour entuber. C’est à celui qui saura le mieux enfariner, entourlouper, manipuler. Parfois même on s’emmerde pas vraiment à bien se cacher. On fait ce qu’on veut faire sans aucune subtilité. Comme si se cacher pour commettre l’opprobre devenait la difformité, l’insolence à la probité et à la constance la conformité. Tout ceci au grand dam d’une populace complètement désorientée et oubliée. Le Guinéen sur le carreau est abandonné, complètement défroqué, ses parties intimes au vent comme il est arrivé au premier jour dans ce monde secoué. Les politicards à qui notre destin est confié, ont égaré il y a longtemps l’honnêteté. Leur conviction qui nous est serinée est aussi constante qu’une girouette au cœur d’un vent déchaîné. Et nous, pauvre peuple résigné, pauvres hères soumis et disciplinés, pleurnichard à souhait, nous subissons leurs assauts répétés. Dire une chose par un matin ensoleillé et revenir sur sa parole donnée est une pratique aussi courante que le « woye tèe faa » au cœur de nos bas-quartiers. Cette parole proclamée qui ne saurait être une montagne plantée est devenue une rengaine brevetée. A l’arrivée, personne ne s’emmerde à ravaler sa vomissure devant le pays tout entier. Opportunisme et arrivisme n’ont pas d’autre choix que de rimer, pour s’en mettre pleines les poches jusque-là trouées. Un jour, on est d’un côté, le lendemain, on balance de l’autre sans se gêner. Un jour, on crache sur quelqu’un toute son animosité, le lendemain, on joue le lèche-cul sans aucune honte qui pourrait nous interpeller.

Eh oui, y a tellement de derrières qui ont été léchés qu’ils ont fini plus proprets que celui de toutes les divinités. Et les langues des lécheurs ont tellement lapé de saletés que vers Dieu des prières sont élevées, afin que celui-ci daigne bien accepter d’échanger leur place avec la première verge pointée. Alors que Dieu sait que les baguettes ici sont plus souvent dressées qu’au repos elles ne sont positionnées. Pour se convaincre de cette comparaison plus provocante qu’approuvée, je dois l’avouer, demandez aux buzzeurs des sextapes passés. Mais revenons plutôt à nos moutons qui pourraient se barrer. Le sujet qui nous occupe avant cette comparaison à la Thiâ’nguel impoliment convoquée : la constance de la parole et des convictions dans un champ politique faisandé. Chaque matin qui nous est accordé, on se demande à quelle saucer nos politicards vont nous bouffer. La seule et unique finalité, c’est comment gratter au peuple son köobiri en toute impunité. Peu importe ce qu’on va raconter. Peu importe la position qu’on a défendue par le passé. Peu importe la position dans laquelle on va se faire sauter. Peu importe par quel trou ou quel objet on va se faire limer. C’est clair qu’il est impossible de faire remettre dans son rectum sa merdre qu’on a déjà fini de chier, mais on se dit qu’on peut l’écraser de son cul pour tenter de la dissimuler. Mais entendons-nous bien sur cette première vérité : ce n’est pas parce que l’on ne voit plus la crotte que vous avez lâchée qu’elle ne dégage pas l’odeur d’un camembert pourri qui indispose toute la cité. Vous avez beau arborer des costards taillés sur mesure et des boubous amidonnés, vos langues exhalent le parfum de la traitrise et de l’infidélité, des culs que vous avez léchés et des pipes que vous avez taillées. Alors, pas la peine de vouloir nous la faire à l’envers tels de vieux pervers excités. Parce qu’un jour ou l’autre on va se serrer les fesses déchirées, vu que vous n’avez même pas la décence et la gentillesse qu’un peu de lubrifiant ou de salive elles soient embaumées.

Par ailleurs, que dire de ces dialogues mille fois répétés, avec le même résultat constaté ? On se retrouve dans de belles salles climatisées. On papote sans aucune sincérité. On boit un coup à la santé maladive de notre économie perfusée. On griffonne des papelards devant des journaleux bêtifiés à force de ressasser la même histoire depuis des années. Sous l’œil complice de blancs-becs qu’en ont rien cirer de nos querelles de clochers. Au fil du temps écoulé, on fait l’amer constat que les engagements ne sont pas respectés. Et c’est reparti pour des menaces et des manifestations réprimées. Et c’est revenu le temps de nouvelles négociations dont l’application va une fois de plus échouer. Et les débatteurs déglingués, et les experts illuminés, et les journalistes guignolés aux pistes verbales mille fois claironnées, chacun y va de son analyse bâtarde et rafistolée. Chacun y va de son bistouri détraqué pour disséquer, décortiquer les erreurs et les naïvetés d’une opposition opposée, les horreurs et la déloyauté d’une mouvance effrontée. On raconte que l’opposition s’est faite gauler, oubliant que celle-ci représente au bas mot la moitié du peuple de Guinée. Et que les duperies et l’insincérité de nos gou-bernants concernent tous les gou-bernés. Y compris les débatteurs, experts et journaleux qui se la pètent dans notre capitale échaudée.

En fin de ce compte que je conte en jeu de dupe agréé, que nous sert notre faune politi-chienne effrontée, parce que chacun veut aller à la soupe éhontée, ce jeu-là qui se fait sans être vigoureusement dénoncé, est au cœur de nos échecs renouvelés. Si le peuple ne peut pas directement les sanctionner, nos médias pourraient nous aider à porter ce combat d’épuration de cette clique d’« élite » délitée, avariée, décomposée. Leur fermer le micro pour ne pas être le relais de leurs inepties et des reniements multipliés. Parce que si cette lutte de purification de notre espace politique n’est pas portée, deux épidémies risquent de tout putréfier : une nouvelle forme de VIH (Virus Incontrôlable Hémorroïdale), résultat des langues de djandjou, de wasco payant d’avoir ingéré trop de saleté à force de culs léchés ;  et une mutation du SIDA (Syndrome Intolérable de Derrières Affectés), conséquence de popotins lapés jusqu’à l’os par des léchouilles de lèches-couilles incolores, inodores et sans saveurs salées, sucrées, voire même pimentées de Mamou gbengbè. Ayant assez joué les casse-couilles incorrigibles et dégénérés, il me reste plus qu’une chose à faire que vous savez : je ferme ma gueule et je dégage !

Soulay Thiâ’nguel                    

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