Kaporo, un octogenaire dit: « on n’est pas prêt à quitter nos maisons car on n’a pas où aller. Nous sommes tous fils de pays »

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L’opération de déguerpissement ou plutôt de démolition, continue sa croute de la plus dévastatrice des manières. Les familles sommées de quitter les maisons sont entre désespoir et tristesse.

Elles sont nombreuses ces familles qui attendent la démolition de leur maison. Dès lors que les hangars et bicoques sont mis à terre, l’attente dans l’inquiétude prend de l’ampleur. Du jour au lendemain, ce sera au tour des concessions.

Les familles sont conscientes du danger imminent. Plusieurs parmi elles ont déjà défait tout l’intérieur des maisons. Lits, armoires, canapés, tout est mis dehors. Diarraye Diallo assise  au-devant de sa maison, tête baissée, inquiète, a passé la nuit du mercredi à la belle étoile avec tous ses enfants. « Hier ils nous ont dit qu’ils viendront à 4heures pour démolir nos maisons, c’est ainsi on a passé toute la nuit à faire sortir nos bien dehors. Et c’est ici (en dehors des maisons ndlr) qu’on a passé la nuit avec tous les enfants. Pour le moment on passe la nuit dehors » témoigne Diaraye d’un air de malade dans l’âme.

Les propriétaires de concessions, à voir leurs biens étalés pèle mêle en dehors des maisons, sont apparemment prêts à quitter. Cependant, une inquiétude les ronge de l’intérieur. Ils n’ont nulle part où aller, d’où le refus de certains « Nous on pensait que ce n’est que les garages et les hangars qui sont concernés, ils sont venus nous informés d’un seul coup qu’ils vont démolir les maisons aussi dans trois jours. Moi et ma famille nous sommes prêts de 30 personnes. Donc à l’heure où nous sommes, on n’est pas prêt à quitter nos maisons car on n’a pas où aller.  Au moins ce que devrait faire  le gouvernement, c’est de nous rembourser ce qu’on a financé avant de nous dire de partir. Nous sommes tous fils de pays » clame l’octogénaire qui a vécu à Kaporo près de 50 ans.

Pour l’instant les concessions sont épargnées, mais pas pour longtemps. Quoique les concessionnaires rangent peu à peu tous les biens et attendent dans l’inquiétude la destruction des leurs bâtiments. Un peu plus de 20 ans après le déguerpissement de kaporo rails, le quartier vit encore dans la terreur comme s’il venait de sortir d’un séisme de grande magnitude.

Mbella Diallo

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