« QUOI MA GUEULE,  QU’EST CE QU’ELLE A MA GUEULE ? »

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« QUOI MA GUEULE, 

QU’EST CE QU’ELLE A MA GUEULE ? »

Je sais que tu me portes pas dans ton cœur. Je sais que partout tu racontes que je fais dans mon froc de peur. Je sais qu’au tréfonds de mon âme tu veux qu’on implante la terreur. Je sais que tu te réjouis que le destin me ligote actuellement de ses liens déstabilisateurs. Je sais que ta priorité est actuellement ailleurs, non pas dans ces démons accusateurs. J’entends que ma culottée dame n’aurait pas joué la bonne lécheuse de godasses à ton prophète de leader. J’entends que je me victimiserais en étant jaloux de tes papelards de libre voyageur. Que désormais moi et les miens ne survivons que par la générosité de vos bons cœurs. Que je serais hautain méritant ce sort humiliateur. J’entends de partout tes médisances empestant la haine résultant de tes propres frayeurs. Que je serais le loyal agneau sacrifié sur le piégé autel des traîtres sacrificateurs. J’entends tes manigances assourdissantes croyant que t’es le plus doué des dribbleurs. J’entends le silence tonitruant qui s’élève du cachot de ton indifférence avec une effrayante profondeur. Je t’écoute gazouiller perché du haut des hauts parleurs, cynique rat-conteur qui veut me cribler de toutes ses dettes de malheurs, pour mériter sa petite place de quelques lueurs d’un soleil rieur. Pourtant, j’avais cru en la force dans la forge de nos liens dans lesquels j’avais investi toute ma candeur. Tu m’as toujours regardé dans la nuit noire de mes yeux honnêtement causeurs et tu m’as fait croire que ce lien survivrait à toutes les couleurs. Et aujourd’hui, tu ne jures plus que par ma douleur. T’as pas su prendre de la hauteur, pour être à la hauteur des enjeux d’un homme en qui ma confiance n’a jamais été une gageure. Tu me flingues dans le dos en te croyant être le plus adroit des tireurs. Tu poursuis ton bonhomme de chemin sans te soucier de ce que nous avons partagé ensemble comme valeurs. A la place de notre code d’honneur, t’as banalement planté ta botte de déshonneur. Et en ces instants de solitaires pleurs, tout ceci me donne de froides sueurs. Je te le répète comme le ferait au théâtre un bon articulateur : t’as vraiment pas été à la hauteur.

Ayant décidé de me réfugier dans un silence réparateur, tu pensais que je n’avais pas la salive assez épaisse pour répondre à tes spasmes et sarcasmes désapprobateurs, à tes élans diffamateurs, à tes penchants bousculeurs, à tes banalisations à se demander si tu prends la mesure des enjeux libérateurs. Je sais que derrière moi t’as joué les cyniques balayeurs, afin qu’à jamais je demeure hors de notre commune demeure. Partout, tu joues les inquisiteurs, les chauffeurs, les bons p’tits délateurs, dans l’espoir que je croupisse au fond d’un cachot lentement suceur, à défaut de me voir pendu à un échafaud bien étouffeur. Je sais que pour toi ma gueule exhale d’une infecte puanteur, mais souffre que je garde ces intimes senteurs, même si de cette infection tu voudrais que je meure. Je sais que pour toi je serais pas reconnaissant des multiples efforts faits pour dire toute ma valeur, que pour toi je mérite mon sort et la fatwa de tous les postillonneurs, puisque je n’ai jamais su boucler mon bec d’enquiquineur, puisque je n’ai pas su choisir le camp des gagneurs, puisque je n’ai pas su me mettre à plat ventre avec bonheur, ou bien m’accroupir pour jouer les bons pros lécheurs. Je sais que tu crois avoir déjà récolté le meilleur, mais le pire n’est jamais loin quand on fait de l’injustice son allié modeleur. Sache que le destin est plutôt bon joueur et qu’il contraint toujours chacun à ne pas rater son tour chez le coiffeur.

Je sais que sur moi tu pointes ton fusil mitrailleur. Moi j’ai choisi de poser sur ton canon un bourgeon de fleurs, afin qu’il t’inspire moins de fureur, qu’il t’absorbe plus d’aigreur, qu’il t’injecte face aux vrais défis moins de lenteurs. Je sais que sur mon corps déjà suffisamment balafré de douleurs, tu déboules tel un joueur de Base-ball qui met toute la rage de sa rancœur dans sa batte qu’il secoue avec vigueur. Je sais que plus je reste loin de notre toit protecteur, mieux tu te sens dans ton costume d’imposteur et de mauvais causeur. Je sais que moins je réclame mes droits élémentaires, mieux tu peux faire croire que tu tiens mon affaire par le bout des plus prometteurs. Mais tous nous savons qu’au bout de ce tunnel sans éclaireur, tu ne seras pas de ceux qui officieront en fiers conteurs. Parce que chaque acte dont l’homme est le filou instigateur, Dieu en sera irrémédiablement le juste payeur. Certains, comme toi, du toit de leurs prétention et entourloupettes qui dandinent de passionnées clameurs, pensent que le Tout-Puissant est un nigaud ronfleur. Mais, tôt ou tard, Il sévira avec sa juste ardeur. C’est en cela que vibre ma ferveur. C’est en cela que j’ai fait vœux d’un silence observateur, devant tant de jugements rébarbatifs et d’acharnements de ces pisseurs.

En attendant, je laisse couler ce spectacle puant de vanité et de jalousie se dérouler dans sa laideur. Une dernière chose cependant pour les détracteurs deviseurs : Puisqu’apparemment il suffit juste de demander pardon à l’accusateur, à ceux qui ont fait des combines et des racontars pour se faire oublier des complices falsificateurs, alors pardon. Pardon pour ma dégaine de prétentieux, suffisant, hautain perturbateur ; pardon d’avoir bavé de ma gueule non excisée sur tes ambitions de leader ; pardon de te rappeler tes responsabilités de soutien concret lors de ces difficiles heures ; pardon que je sois modestement plus compétent face à tes sournoiseries de dealer usurpateur. Mais, par dessus tous ces bruiteurs, je hurle mon pardon d’être ce que vous serez jamais en teneur. Parce que pour moi fidélité, loyauté, humanité et sincérité dans l’engagement, et l’amitié n’ont  pas la consistance du beurre exposé à tous les soleils corrupteurs. Aimable opportuniste arnaqueur, profiteur sans vergogne de tous les ascenseurs, sympathique baratineur aux discours soporifiques et ensorceleurs, gentil public-crieur, faux prometteur prospérant de l’indulgence de mes frères et sœurs, écoutez ce petit souhait d’un p’tit branleur, qui voudrait qu’ailleurs que sur lui vous pointiez votre râleur et baveux curseur. Lâchez-moi les baskets que je tiens à garder dans toute leur étincelante splendeur. Excusez-moi de pas être le haineux querelleur, l’agité conspirateur. Moi, moi je vis de dignité et de pudeur, celles des ancêtres fondateurs de nos essentielles valeurs, ensevelis dans le ventre d’une terre nourrie d’un sang plutôt purificateur. Moi, je vis d’un cœur, d’un corps et d’un esprit tranquille et pleins de rassurantes douceurs. C’est pourquoi, je dis que the show du gone must go on en gardant son innocence d’enfant de chœur, n’en déplaisent aux jaloux et furieux diffamateurs. Et une fois qu’est passé mon message un tantinet chatouilleur, le temps que vous me disiez finalement quoi ma gueule, qu’est ce qu’elle a ma gueule, je la ferme et je dégage !

                                     Soulay Thiâ’nguel 

 

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